La clôture de l’exercice approche, le résultat est meilleur que prévu et la même question revient chaque année. Faut-il, dans le cadre d’une rémunération mixte président SAS, augmenter le salaire du dirigeant ou distribuer des dividendes ? Pour un président de SAS, la réponse n’est jamais binaire, car chaque euro versé n’a ni le même coût pour la société, ni la même fiscalité personnelle, ni la même contrepartie en droits sociaux.
Construire une rémunération mixte président SAS revient à doser trois curseurs : le revenu immédiat, la protection sociale et la trésorerie laissée dans l’entreprise. Voici la méthode que nous appliquons, chiffres et arbitrages à l’appui.
Rémunération mixte président SAS, méthode et calculs 2026
Temps de lecture : ~10 min
- Qu’est-ce qu’une rémunération mixte du président de SAS ?
- Président de SAS assimilé salarié, ce que cela change vraiment
- Quel est le coût réel d’un salaire de président de SAS pour la société ?
- Fiscalité des dividendes en SAS et question des cotisations sociales
- Salaire ou dividendes en SAS, comment arbitrer concrètement
- Les leviers complémentaires que beaucoup de présidents de SAS négligent
- Qui décide du montant de la rémunération du président de SAS ?
- La méthode de simulation en trois scénarios
- Aller plus loin avec la rémunération mixte du président de SAS
- Questions fréquentes sur la rémunération mixte du président de SAS
Qu’est-ce qu’une rémunération mixte du président de SAS ?
Deux flux de nature juridique différente
La rémunération mixte consiste à combiner deux flux de nature juridique différente. D’un côté, une rémunération versée au titre du mandat social, fixe, variable ou les deux. De l’autre, des dividendes versés au président lorsqu’il est également associé et que la société dégage un bénéfice distribuable. Le premier flux rémunère une fonction, le second rémunère la détention du capital.
Cette distinction n’est pas théorique. La rémunération du mandat est en principe déductible du résultat imposable de la société lorsqu’elle correspond à un travail effectif et qu’elle n’est pas excessive, ce qui réduit la base soumise à l’impôt sur les sociétés. Les dividendes, eux, sont prélevés sur un bénéfice qui a déjà supporté l’IS et ne constituent jamais une charge déductible. Autrement dit, le salaire allège le résultat fiscal, le dividende arrive après.
Un calendrier de versement spécifique
Autre différence structurante, le calendrier. Le salaire est versé de façon régulière, mois après mois, indépendamment des résultats. Le dividende suppose la clôture de l’exercice, l’approbation des comptes, l’affectation du résultat et la constatation de réserves distribuables. Un président qui bâtit tout son train de vie sur des dividendes s’expose donc à une irrégularité de revenus et à une dépendance totale à la performance annuelle de l’entreprise.
Président de SAS assimilé salarié, ce que cela change vraiment
Un statut protecteur mais encadré
Le président rémunéré d’une SAS, ou d’une SASU, relève du régime général de la Sécurité sociale en qualité d’assimilé salarié. Cette affiliation ouvre des droits en matière d’assurance maladie, de maternité, de retraite de base et de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Elle place le dirigeant dans un cadre connu, celui des bulletins de paie et des déclarations auprès de l’Urssaf, régi par les articles L227-1 et suivants du Code de commerce pour ce qui concerne la société elle-même.

Un point mérite d’être souligné, le mandat social de président de SAS n’ouvre pas automatiquement droit à l’assurance chômage. Beaucoup de dirigeants le découvrent tardivement. De la même façon, la couverture prévoyance d’un assimilé salarié reste limitée au socle du régime général tant qu’un contrat dédié n’a pas été mis en place. Les indemnités journalières et les rentes d’invalidité servies par le régime général sont plafonnées, ce qui crée un écart souvent très important avec le niveau de vie réel du dirigeant.
Enfin, si le président choisit d’exercer son mandat gratuitement, aucune cotisation n’est due au titre de ce mandat, mais aucun droit n’est acquis non plus. Cette option se défend en phase de démarrage, lorsque la trésorerie doit rester dans la société, beaucoup moins pour un dirigeant installé qui approche de la cinquantaine et dont les trimestres manquants ne se rattraperont pas.
Bon à savoir
Une stratégie reposant uniquement sur les dividendes ne génère aucun droit à la retraite ni à l’assurance maladie. Avant de réduire votre salaire, il est prudent de faire chiffrer l’impact sur vos points Agirc-Arrco et sur vos futures pensions.
Quel est le coût réel d’un salaire de président de SAS pour la société ?
Un coût employeur bien supérieur au net
C’est la zone d’ombre la plus fréquente. Le coût d’une rémunération d’assimilé salarié ne se limite pas au net versé sur le compte personnel du dirigeant. Il faut additionner les cotisations salariales et les cotisations patronales. Les analyses publiées par les acteurs spécialisés de la paie et du conseil situent ce coût global aux alentours de 75 à 82 % du net versé, selon le niveau de rémunération, les dispositifs applicables et les paramètres de paie retenus.
Un ordre de grandeur souvent repris illustre bien la mécanique, un revenu net de 2 000 euros représente environ 3 500 euros de coût total pour la société, cotisations comprises. Ces pourcentages sont des repères, pas un taux légal unique, et ils doivent toujours être recalculés sur votre situation réelle. Ils permettent néanmoins de comprendre pourquoi un dirigeant qui veut récupérer 1 000 euros supplémentaires par mois doit raisonner en coût employeur et non en net.
Une charge qui génère aussi des avantages
En contrepartie de ce coût, deux bénéfices concrets. D’abord, la rémunération réduit le bénéfice soumis à l’impôt sur les sociétés. Ensuite, elle génère des droits sociaux et une capacité d’emprunt lisible pour les banques, ce qui compte quand un projet immobilier personnel se profile.
Fiscalité des dividendes en SAS et question des cotisations sociales
Absence de cotisations sociales mais fiscalité présente
Les dividendes perçus par le président associé d’une SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales du régime général, quel que soit leur montant. C’est une différence majeure avec le gérant majoritaire de SARL, pour lequel une fraction des dividendes est réintégrée dans l’assiette des cotisations. Cette particularité explique une large part de l’attrait de la SAS pour les dirigeants patrimoniaux.
Attention toutefois, absence de cotisations ne signifie pas absence d’imposition. Les dividendes restent soumis au prélèvement forfaitaire unique, le PFU, qui regroupe une composante d’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. Le dirigeant peut aussi opter globalement pour le barème progressif, avec application de l’abattement de 40 % sur le montant brut distribué. Cette option devient pertinente lorsque la tranche marginale d’imposition du foyer est basse ou lorsque d’autres revenus mobiliers entrent en jeu. Les taux applicables évoluant régulièrement, il convient de les vérifier à la date de la distribution auprès de la DGFiP ou de votre conseil.
Ne pas oublier l’impôt sur les sociétés en amont
Il ne faut pas oublier l’empilement fiscal. Le dividende sort d’un bénéfice qui a déjà supporté l’IS. Comparer un taux de PFU à un taux de cotisations sociales sans intégrer l’impôt sur les sociétés en amont conduit à de mauvaises décisions.
| Critère | Salaire du président | Dividendes | Rémunération mixte |
|---|---|---|---|
| Condition de versement | Mandat rémunéré | Bénéfice distribuable et décision des associés | Président associé et société bénéficiaire |
| Cotisations sociales | Salariales et patronales | Aucune cotisation du régime général | Uniquement sur la part salariale |
| Protection sociale | Oui, régime assimilé salarié | Aucune | Proportionnelle au salaire versé |
| Déductibilité pour la société | Généralement déductible | Non déductible | Partielle |
| Régularité du revenu | Mensuelle | Variable, après clôture | Base fixe complétée d’un variable |
| Coût global indicatif | Environ 75 à 82 % du net versé | IS en amont puis PFU ou barème avec abattement de 40 % | À chiffrer par simulation |
Salaire ou dividendes en SAS, comment arbitrer concrètement
La logique que nous appliquons chez Providians consiste à partir des besoins, pas des produits.

- Déterminer le revenu net nécessaire au foyer, charges courantes, crédits et capacité d’épargne comprises.
- Calibrer un salaire suffisant pour financer la protection sociale et valider les droits à la retraite.
- Examiner si le bénéfice restant autorise une distribution sans fragiliser la trésorerie disponible.
Ce dernier point est souvent décisif pour un dirigeant du BTP ou de l’industrie, dont le besoin en fonds de roulement fluctue fortement. Distribuer massivement pour profiter d’un taux apparent plus favorable peut priver l’entreprise des liquidités nécessaires à un chantier ou à un recrutement. À l’inverse, laisser dormir une trésorerie excédentaire sur un compte courant a un coût réel, celui de l’inflation et du rendement non perçu.
La capitalisation en société, via un contrat de capitalisation, des SCPI détenues par la structure ou une holding, constitue une troisième voie souvent plus pertinente que l’arbitrage binaire entre salaire et dividendes. Nos pages dédiées à la valorisation de la trésorerie d’entreprise et à la création d’une holding détaillent ces mécanismes.
Important
Une distribution n’est jamais un acquis. Elle suppose un bénéfice distribuable, des réserves suffisantes et une décision collective. Intégrer les dividendes dans un budget familial mensuel expose à une tension de trésorerie personnelle en cas d’exercice moins favorable.
Les leviers complémentaires que beaucoup de présidents de SAS négligent
L’arbitrage salaire dividendes SAS ne résume pas la question. Plusieurs dispositifs permettent d’améliorer le revenu disponible ou la couverture du dirigeant à un coût global souvent inférieur à celui d’une hausse de rémunération brute. Voici les principaux leviers que nous examinons lors d’un bilan patrimonial de chef d’entreprise.
- Les avantages en nature, véhicule de fonction, titres restaurant et CESU préfinancé, qui suivent des règles sociales et fiscales précises et dont l’intérêt dépend de votre usage réel.
- L’épargne salariale, accessible au président d’une entreprise employant au moins un salarié et moins de 250 salariés, avec l’intéressement, le plan d’épargne entreprise et le PER d’entreprise collectif, qui permettent de distribuer de la valeur avec un traitement social allégé tout en réduisant les charges.
À ces outils s’ajoutent le PER individuel, qui permet de déduire les versements du revenu imposable dans la limite du plafond disponible, la prévoyance dirigeant pour couvrir l’incapacité et l’invalidité, et le contrat homme clé pour protéger l’entreprise elle même. Ces briques se combinent avec la rémunération variable du président, laquelle peut être indexée sur le résultat ou sur des objectifs définis par les associés.
Qui décide du montant de la rémunération du président de SAS ?
La SAS se caractérise par sa liberté statutaire. Ce sont les statuts ou une décision collective des associés qui fixent les modalités et le montant de la rémunération du président. Aucun minimum légal n’est imposé, et la rémunération peut être un fixe mensuel, une prime sur objectifs, un pourcentage du chiffre d’affaires ou une combinaison. En SASU, l’associé unique prend la décision seul, en respectant les règles prévues par les statuts.
Deux précautions s’imposent. D’abord, la décision doit être formalisée par écrit, faute de quoi la déductibilité de la rémunération peut être discutée. Ensuite, un président non associé ne peut pas percevoir de dividendes, puisque ceux ci rémunèrent exclusivement la détention d’actions.
La méthode de simulation en trois scénarios
Aucun arbitrage sérieux ne se décide sans chiffrage. Nous construisons systématiquement trois scénarios à partir du même résultat avant rémunération.

Le scénario tout salaire mesure le net perçu, le coût employeur, l’impôt sur le revenu après déduction forfaitaire de 10 % ou frais professionnels réels, et les droits sociaux générés. Le scénario tout dividendes isole l’IS, le bénéfice distribuable, la fiscalité personnelle et l’absence de droits sociaux. Le scénario mixte teste plusieurs répartitions et mesure le revenu net global, la trésorerie conservée par la société et le niveau de couverture.
La bonne combinaison dépend de votre tranche marginale d’imposition, de votre situation familiale, de votre horizon de départ à la retraite, de vos projets d’investissement et de l’allocation patrimoniale déjà en place. Un dirigeant de 48 ans qui prépare une transmission n’optimise pas de la même façon qu’un président de 35 ans en phase de développement.
Aller plus loin avec la rémunération mixte du président de SAS
Il n’existe pas de formule universelle pour la rémunération d’un dirigeant de SAS. Le salaire achète de la protection sociale et de la déductibilité, le dividende achète de la souplesse fiscale mais aucun droit, et la trésorerie laissée en société ouvre des stratégies de capitalisation souvent sous exploitées.
Cabinet indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 22001744, nous accompagnons les chefs d’entreprise sur l’ensemble de cette chaîne, de la simulation de rémunération à la transmission. Pour obtenir un chiffrage personnalisé de votre rémunération mixte, vous pouvez nous contacter via le formulaire de contact.
FAQ – Questions fréquentes sur la rémunération mixte du président de SAS
Le président de SAS peut il cumuler son mandat avec un contrat de travail ?
C’est possible uniquement si le contrat correspond à des fonctions techniques distinctes du mandat, exercées dans un lien de subordination réel. Cette condition est rarement remplie lorsque le président détient la majorité du capital, et un cumul mal construit peut être requalifié.
Peut on verser un acompte sur dividendes en cours d’exercice ?
Oui, sous réserve qu’un bilan intermédiaire certifié fasse apparaître un bénéfice distribuable et que les conditions prévues par le Code de commerce soient respectées. Cette solution permet de lisser les revenus sans attendre l’approbation des comptes annuels.
Peut on modifier la rémunération du président en cours d’année ?
Oui, dès lors que la décision est prise selon les modalités prévues par les statuts et qu’elle est formalisée. Une révision en fin d’exercice, une fois le résultat prévisionnel connu, permet souvent d’ajuster finement le curseur entre salaire et distribution.
Le dirigeant d’une SASU sans salarié peut il mettre en place une épargne salariale ?
Non, les dispositifs d’épargne salariale supposent la présence d’au moins un salarié dans l’entreprise, en plus du dirigeant. Dans une SASU sans salarié, le PER individuel reste le principal levier de constitution de retraite déductible.
Faut il privilégier le PFU ou le barème progressif pour ses dividendes ?
L’option pour le barème progressif est globale et s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer pour l’année concernée. Elle se calcule au cas par cas, en fonction de la tranche marginale d’imposition et du montant total des revenus financiers perçus.




